Doctolib, organisme lucratif qui s’est imposé face à un pouvoir public qui n’assure pas son rôle de protection des assurés sociaux, démontre une fois de plus que les vertus de l’IA « Intelligence Artificielle », en matière de santé comme dans les autres, reposent d’abord sur une capture illégitime de données quand il ne s’agit pas d’un simple vol.
En effet, considérant comme captives les données des utilisatrices et utilisateurs (qui n’ont la plupart du temps pas le choix de se soustraire à l’utilisation de ce système en raison du défaut de développement d’un outil public concurrent), Doctolib annonce sous prétexte d’hypothétiques visées thérapeutiques que les données des patients seront mise à la disposition d’un système d’Intelligence Artificielle, c’est à dire une base de données avec des outils de traitement de données qui seront accessibles après « pseudonymisation » à des « chercheurs » (mais pas aux utilisateurs!).
Considérer que des données sensibles sont acquises par défaut, sauf objection écrite dans un court délai par une procédure mal décrite, est clairement contraire aux principes de base du Règlement Général de Protection des Données Personnelles comme à ceux d’un consentement éclairé, comme ne manquent pas de le montrer, entre autres, un article du journal l’Humanité et la campagne de la Ligue des Droits de l’Homme « Opposons-nous à ce que Doctolib « nourrisse » l’IA avec nos données de Santé« .
Au-delà des données de santé d’une personne, ce sont tous ses proches qui sont susceptibles d’être lésés, si par exemple, à l’occasion d’une demande de prêt bancaire ou de signature de contrat d’assurance, pourrait être avancé le caractère génétique ou contagieux d’une maladie de proche, pour le refuser ou en alourdir le coût.
Outre les risques d’erreur ou de détournement par des pirates de plus en plus intéressés par les données de santé (usurpation d’identité, chantage, …), quand de plus on sait que les données sont hébergées par Amazon, soumis aux lois des États-Unis d’Amérique, qui développe aussi son propre système d’IA fondé lui aussi sur des données acquises frauduleusement et utilisées sans rétribution des auteurs ou des éditeurs, la défiance est de mise.
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